SNMS

Le grand Livre
175 pages • Dernière publication le 12/09/2019

Dans le cadre de son Action culturelle,
la SACD soutient la création de cet ouvrage
      

HISTORIQUE & ARCHIVES / Le syndicat national des metteurs en scène / Page 58 • Publiée le 05/01/2018

Brève chronologie du SNMS


1944 :
Fondation du Syndicat National des Metteurs en Scène (statuts), juste après la Libération de Paris, par les anciens membres du Cartel (Louis Jouvet, Charles Dullin et Gaston Baty - Georges Pitoëff étant décédé en 1939).

de gauche à droite : Charles Dullin, Georges Pitoeff, Gaston Baty, Louis Jouvet       (de gauche à droite : Charles Dullin, Georges Pitoeff, Gaston Baty, Louis Jouvet ©RégieThéâtrale)

En fait, à la libération en 1944, le ministère avait demandé à Jacques Copeau (photo) de prendre en main la rénovation du métier en fondant un syndicat chargé d'écrire une convention collective.


Copeau déjà très malade, déclina la proposition ministérielle en recommandant ses disciples Jouvet, Dullin et consorts, qui lui rendirent hommage en l'inscrivant quand même comme Président fondateur comme eux. Nous trouvons trace de cela dans l'Annuaire du  Spectacle de 1953 (photo). 


Annuaire du spectacle (1953)

Ils seront vite rejoints, le 12 octobre 1944, par Jean Vilar (photo)

Jean Vilar
 
Parmi les autres membres fondateurs de 1944, on retrouve Jean-Louis Barrault (photo), André Barsacq, Jean MercureJulien Bertheau, Marcel Herrand, Maurice Jacquemont, Jean Marchat, Jean Meyer, Raymond Rouleau, André Roussin, Michel Vitold, Pierre Dux...

 Jean-Louis Barrault

1945 (24 octobre) : Dans un premier accord (convention) avec les directeurs de théâtre de Paris, le titre de « collaborateur de création » est reconnu au metteur en scène, ce qui lui permet de recevoir un droit au pourcentage sur toutes les représentations de l’œuvre mise en scène.

Nous pouvons considérer que ce premier accord conventionnel, porté par Gaston Baty, président du syndicat, est le premier pas vers la reconnaissance officielle du metteur en scène « créateur », donc potentiellement auteur.

1946 (24 octobre) : Signature officielle de la convention avec les directeurs de théâtre de Paris.

1946 – 1948 : Nouvelle vague d’adhésions : Fernand Ledoux, Pierre Bertin, Jean-Pierre Grenier, Olivier Hussenot, Maurice Sarrazin, Jean Le Poulain, Robert Dhéry, Pierre Brasseur...

1948 : La convention avec les directeurs de théâtre de Paris est dénoncée unilatéralement par ceux-ci.

1948 : Adhésion de Marguerite Jamois (illustration), Henri Crémieux...


Marguerite Jamois 
1950 : Le syndicat des Metteurs en scène d'ouvrage dramatique, lyrique et chorégraphique prend pour titre :
Syndicat National des Metteurs en scène d'ouvrage dramatique, lyrique et chorégraphique (voir page 5 du compte rendu de l'Assemblée Générale).

1950 : A partir de cette année, des figures importantes de la décentralisation adhèrent au syndicat :
Hubert Gignoux(1950), Jacques Mauclair (1953), Claude Régy (1955), Marcel Marceau (1955), Guy Suarès (1958), Guy Rétoré (1962), Edmond Tamiz (1962), Georges Wilson (1963), Peter Brook (1964, photo), Jean-Pierre Miquel (1965), Gabriel Monet (1967), Marcel Maréchal (1968), Jean-Louis Thamin (1970)...

Peter Brook
De nombreuses figures du métier s'inscrivent également comme Robert Manuel (1950), Jacques Charon (1950), Georges Vitaly (1952), Fernand Ledoux (1953), Bernard Blier (1955), Henri Spade (1956), René Dupuy (1957), Serge Lifar (1959), René Clair (1960), Jean Cocteau (1960)...

1951 : Président d'honneur Gaston Baty et Louis Jouvet. Président André Barsacq, secrétaire général Jean Mercure, trésorier Jean Wall.
               (Pendant plus de vingt ans ils vont tour à tour diriger le syndicat)
 
1952 (12 octobre) : Mort de Gaston Baty.

1953 : Après sa mort Gaston Baty devient Président fondateur, Gordon Craig et Jacques Rouché sont nommés Président d'honneurs.

1953 (15 mai) : Le Syndicat des metteurs en scène organise au théâtre Montparnasse, une représentation d’hommage présentée par Béatrix Dussane, des scènes de pièces montées par Gaston Baty sont jouées une vingtaine d’artistes, des messages où hommages sont lus par leurs auteurs ou par Fernand Ledoux, des extraits de textes de Baty sont lus par Jean Mercure.
(Homage à Gaston Baty - Rapport moral de 1953)                                           (Hommage à Gaston Baty - Rapport moral de 1953) 

1953 : Création du Prix Dominique.

1956 : Discussion à l’Assemblée Nationale de la future loi sur la propriété intellectuelle.
Parmi les rapporteurs de la loi on peut citer Maître Roland Dumas et Maître Isorni.
Maître Jacques Isorni lira devant les députés une lettre de Jacques Hébertot, directeur du théâtre éponyme, demandant expressément aux députés de reconnaître le droit d’auteur des metteurs en scène. Ceux-ci répondront en laissant à la jurisprudence le soin de discerner parmi les « œuvres théâtrales » celles qui sont protégeables.

1957 : Loi sur le Code de la Propriété intellectuelle. La liste des œuvres protégeables comprend le terme générique « d’œuvres dramatiques », dans lequel toutes les jurisprudences successives rangeront la mise en scène.

1959 : Date capitale dans l’histoire du Syndicat des Metteurs en Scène, André Barsacq (photo) étant président, avec la signature d’une convention collective avec le Syndicat des Directeurs de Théâtres de Paris et le Syndicat des Directeurs de Tournées Théâtrales de France (l’actuel SNES – Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacles) qui reconnait tous les droits de salarié aux metteurs en scène et implique leur affiliation à la sécurité sociale dans la catégorie socioprofessionnelle des cadres, sans affaiblir l’autonomie artistique. Elle préserve également le droit de suite.
Pour la première fois, dans un document officiel, la distinction est faite entre le travail de création du metteur en scène et l’application matérielle de celle-ci.

 
 1961 : Adhésion de Luchino Visconti (photo), de François Billetdoux...

Visconti 
1963 : André Barsacq devient PRESIDENT d’HONNEUR du syndicat et Jean Mercure (photo) Président.

Jean Mercure 
De 1962 à 1968 : De nombreuses figures du théâtre adhérent comme Pierre Mondy (1962), Laurent Terzieff (1962, photo), Pierre Franck (1962), Jean-Michel Rouzière (1963), Jorge Lavelli (1964), François Périer (1965), Jean-Laurent Cochet (1966), Michel Fagadeau (1968), Serge Bouillon (1968)...

 
1968 (mai) : Jean Mercure, président, prend une part active aux discussions permettant la réorganisation de la profession.

1969 : André Barsaq reprend la présidence effective du syndicat dont le siège est au théâtre de l’Atelier. Jean Mercure devient Président d'honneur.

1969 : Loi sur le Code du Travail. Dans son article L.762-2, la loi cite explicitement le metteur en scène comme un ARTISTE du spectacle pour l’exécution matérielle de sa création.
Cela induit que, pour cette « exécution matérielle » qui correspond généralement aux répétitions et aux premières représentations, il jouit de la présomption de salariat.
Ce statut d’artiste lui donne également droit au bénéfice de l’assurance chômage des intermittents du spectacle (annexe 10).

1971 (8 juillet) : Jurisprudence, à l’occasion de « l’arrêt Darnel », la Cour de Paris confirme le statut d’œuvre pour les mises en scènes.

1976-1978 : Adhésion de Michel Roux, Raymond Gérôme, Andreas Voutsinas, Jacques Rosny...

1979 (11 juillet) : Jurisprudence, à la suite d’un conflit avec le comédien Paul Meurisse et le théâtre Hébertot, Jean-Laurent Cochet attaque la direction du théâtre en contrefaçon.
Suivant les arguments du médiateur Pierre Dux, le tribunal décide que les mises en scène de Jean-Laurent Cochet possèdent un caractère indéniable d’ORIGINALITE par le ton et le mouvement et donc relèvent des œuvres dramatiques protégeables par la loi de 1957. (Jurisprudence "Cochet").

1980 : Adhésion de Jean-Luc Boutté, Patrice Kerbrat, Jacques Fabbri, Jean Bouchaud, Jean-Luc Moreau, Stephan Meldegg, Denis Llorca, Gabriel Garran...

1985 : Promulgation de la « Loi Lang », qui liste les professions pouvant bénéficier d’un droit de suite sur les exploitations des œuvres de spectacle vivant, appelés droits voisins du droit d’auteur.
Les metteurs en scène ne sont pas cités car ils ne sont pas des artistes interprètes et jouissent déjà de leurs pleins droits d’auteur.

1985 : Le Syndicat des Metteurs en scène perd son siège au conseil d’administration de la FNS
(Fédération Nationale du Spectacle – CGT).

1985 à 1995 : Adhésion de Georges Werler (1985), Gérard Maro (1986), Sacha Pitoëff (1989), Philippe Ogouz (1989), Jacques Echantillon (1991), Jean-Luc Tardieu (1992), Régis Santon (1992), Rachel Salik (1992), Françoise Seigner (1992), Bernard Haller (1992), Gérard Gelas (1992), Yves Gasc (1992), Marcel Cuvelier (1992), Jean Marais (1992), Michael Lonsdale (1993), Alfredo Arias (1994), Jean-François Prévand (1994), Anne Delbée (1994), Yannis Kokkos (1994), Alain Sachs (1994), Pierre Santini (1994), Michel Galabru (1995)...

1986 : Signature d’une nouvelle convention avec le Syndicat des Directeurs de Théâtre, qui réaffirme dans son préambule le double statut des metteurs en scène : salarié pour la préparation du spectacle, auteur pour son exploitation.
Pierre Franck (photo) est signataire pour le Syndicat des Metteurs en Scène et Jérôme Hullot pour celui des Directeurs.
Cette convention est signée avec le regard amical de Claude Santelli, président de la SACD, qui ne peut pas statutairement être signataire.

Pierre Franck
1987 : Les metteurs en scène étant reconnus désormais comme des auteurs à part entière, le Syndicat quitte la Fédération du Spectacle (CGT) qui regroupe des syndicats de salariés.

1987 : Entrée des metteurs en scène à la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) comme simples mandants.

1990 : Une grande convention du théâtre public est établie. Le SNMS, qui avait démissionné de la Fédération Nationale du Spectacle (CGT), est inexplicablement exclu des discussions, alors que certains articles traitent explicitement du statut des metteurs en scène.

1990 (17 octobre) : A l'issue de l'Assemblée Générale de la Sacd les metteurs en scène sont accueillis comme "auteurs à part entière " au sein de ladite société.

1992 : La convention avec le syndicat des directeurs de théâtre privé est juridiquement étendue.

1994 : Extinction du prix Dominique.

1998 (juin) : Obtention d’un siège au conseil d’administration de la SACD (occupé par Jean-François Prévand)

2000 (du 14 au 21 mai) : Congrès UTOPIE 2000 à Marseille, présenté par le CFT , avec le financement et la participation des organisations professionnelles dont le SNMS.

2001 : Jean-Pierre Miquel (photo), président. Le syndicat change de dénomination sociale pour devenir Association Professionnelle des Metteurs en Scène (APMS). Jean-Pierre Miquel voulait mettre en valeur les liens artistiques, confraternels et affectifs qui unissent les membres de la profession. L’organisation néanmoins garde tous ses statuts de syndicat.

Jean-Pierre Miquel 
2003 : Après le décès de Jean-Pierre Miquel, Jean-François Prévand (photo) est réélu au conseil d’administration de la SACD et devient président du syndicat.

 Jean-François Prévand
2003 (11 décembre) : Jurisprudence, la Chambre d’Appel d’Orléans déclare : « Le metteur en scène est un auteur ».

2005 (juillet) : Le syndicat remet officiellement à la Maison Jean Vilar en Avignon le bulletin d’adhésion original de Jean Vilar au Syndicat National des Metteurs en Scène.

Jean-François Prévand
2005 : Un accord très important est signé avec le Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacle (SNES) qui réaffirme dans son préambule le double statut du metteur en scène, signataires Jean-Claude Houdinière (photo) et Jean François Prévand.

Jean-Claude Houdinière
2005 : Une rencontre officielle avec les Ecrivains Associés du Théâtre (EAT), dont le président est Michel Azama (photo), définit la représentation théâtrale comme une œuvre collective où chacun des auteurs (texte, mise en scène, musique, chorégraphie, apports graphiques ou audiovisuels) garde et exerce tous ses droits d’auteur, moraux et patrimoniaux, sur son apport créatif.

Jean-François Prévand (SNMS) et Michel Azema (EAT)                                Jean-François Prévand (président du SNMS) et Michel Azema (président des EAT) 

2006 (juin) : Pour la première fois, un metteur en scène, Georges Werler (photo) est élu à la Vice-Présidence de la SACD.

                                                                 ©SNMS

2007 : L'assemblée générale extraordinaire du 20 novembre 2007 décide de rétablir, car structurellement l'organisation n'avait jamais cessé d'être un syndicat, l'appellation en Syndicat National des Metteurs en scène (SNMS).

2009 – 2013 : Anne Delbée (photo), présidente du Syndicat. Elue Présidente d’Honneur en 2013.

Anne Delbée
2013 : Panchika Velez (photo), présidente du Syndicat.

Panchika Velez
2015 (17 septembre) : Un accord est signé avec le Syndicat des Directeurs de Théâtre (signataires Panchika Velez et Bernard Murat, photo) préfigurant l’inscription de l’Annexe Metteurs en Scène dans la nouvelle grande Convention Collective du Théâtre Privé.

ernard Murat et Panchika Velez pour la signature de l’accord 2016 entre le SNMS et le SNDTP

10 novembre 2016 : L'accord entre les metteurs en scène et le syndicat des directeurs de théâtres privés est accepté comme avenant à la grande convention collective du théâtre privé.
Malheureusement les comédies musicales, les spectacles d'humour et les revues sont exclus.

8 juillet 2018 : A la suite de la démission de la Présidente Panchika Velez suite à son élection comme administratrice de la SACD, Cyril Le Grix, jusqu'alors Vice-Président, est élu Président.


10 décembre 2018 : Guy-Pierre Couleau est élu Président.



 



Mots clés :

Cartel SNMS Convention Propriété intellectuelle Théâtre Hébertot Théâtre de l'Atelier Loi Jurisprudence Syndicat des Directeurs de tournées théâtrales de France SNES Code du travail FNS - CGT Prix Dominique Congrés UTOPIE 2000 EAT Baty Gaston Dullin Charles Vilar Jean Barrault Jean-Louis Barsacq André Bertheau Julien Herrand Marcel Marchat Jean Meyer Jean Rouleau Raymond Roussin André Vitold Michel Ledoux Fernand Bertin Pierre Grenier Jean-Pierre Hussenot Olivier Sarrazin Maurice Le Poulain Jean Jamois Marguerite Grignoux Hubert Mercure Jean Mauclair Jacques Régy Claude Marceau Marcel Suarès Guy Rétoré Guy Tamiz Edmond Wilson Georges Miquel Jean-Pierre Maréchal Marcel Thamin Jean-Louis Brook Peter Hébertot Jacques Visconti Luchino Cochet Jean-Laurent Franck Pierre Santelli Claude Prévand Jean-François Houdinière Jean-Claude Werler Georges Delbée Anne Velez Panchika Murat Bernard Copeau Jacques Jouvet Louis Convention collective Président Brasseur Pierre Crémieux Henri Manuel Robert Charon Jacques Vitaly Georges Blier Bernard Spade Henri Dupuy René Lifar Serge Clair René Billetdoux François Mondy Pierre Terzieff Laurent Rouzière Jean-Michel Lavelli Jorge Périer François Monnet Gabriel Fagadeau Michel Bouillon Serge Gérôme Raymond Voutsinas Andreas Rosny Jacques Boutté Jean-Luc Kerbrat Patrice Fabbri Jacques Bouchaud Jean Moreau Jean-Luc Meldegg Stephan Llorca Denis Garran Gabriel Maro Gérard Pitoëff Georges Echantillon Jacques Tardieu Jean-Luc Santon Régis Salik Rachel Seigner Françoise Haller Bernard Gélas Gérard Gasc Yves Cuvelier Marcel Marais Jean Lonsdale Michael Arias Alfredo Galabru Michel Kokkos Yannis Roux Michel Sachs Alain Santini Pierre Cocteau Jean Wall Jean La libération Syndicat des Directeurs de Théâtres Privés Directeur de Théâtres Privés Théâtre Montparnasse Jacquemont Maurice Dussane Béatrix Hullot Jérôme

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