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Cyril Le Grix

VICE-PRÉSIDENT

TIMON D'ATHENES - Shakespeare
Théâtre de la Tempête
PRESENTATION

Le riche Timon vit entouré de flatteurs qui profitent de ses largesses mais, bientôt acculé à la ruine, il se tourne en vain vers ceux qu’il avait comblés et organise un dernier festin… Il s’enfuit alors pour mener sur une grève déserte une vie solitaire, jusqu’au jour où il découvre un trésor qu’il distribue avec malignité aux adversaires d’Athènes. Timon exhale ensuite sonamertume dans un dialogue avec le philosophe Apémantus, son rival en misanthropie… Etvoici venir les sénateurs : menacés par les troupes d’Alcibiade, ils supplient Timon de retourner dans la cité où l’on est prêt à lui rendre justice… Mais Timon ne reviendra ni ne pardonnera,allant jusqu’au bout de sa haine du monde aussi extrême qu’inexpiable. C’est avec LeRoi Lear que Timon d’Athènes offre la plus grande affinité : l’ingratitude y est source de folie et les actes de générosité mettent à la merci de débiteurs sans scrupules. Égoïsme, avidité cachée, orgueil aveuglent les personnages. Timon d’Athènes ou le destin d’un homme qui,ignorant le doute et la nuance, « n’a jamais connu le milieu de l’humanité, mais seulement les extrêmes ».

INTENTIONS

J’ai choisi d’aborder Timon d’Athènes comme une comédie noire et grinçante. La figure de Timon oscillant sans cesse entre grotesque et sublime, grandiose et ridicule, nous renvoie aux confins de la folie humaine.Cette pièce me fascine par sa radicalité : la violence n’y est pas sanglante ; elle n’est donc pas aussi visible que dans d’autres tragédies de Shakespeare mais elle revêt, comme dans nos sociétés contemporaines, des formes beaucoup plus insidieuses. A l’instar de Timon, nous sommes aveugles, refusant de voir les réalités qui nous menacent. Shakespeare met ici en évidence les dispositifs par lesquels une société guidée par l’avidité, l’avarice et la thésaurisation à outrance, pervertit la sphère politique, enfante la guerre et détruit notre planète.

Le monde occidental vit à crédit depuis des décennies, ce qui devrait nous conduire à nous interroger sur la pertinence de notre système économique. Il est à l’opposé de la « fraternité économique » dont Timon fait l’éloge dans la première partie. Les hommes sapent ainsi les fondements mêmes de la société. Et les crises financières se succèdent sans que rien ne soit profondément remis en question par nos dirigeants. Il en est de même du point de vue écologique puisque nous dilapidons tous les jours un peu plus nos ressources, mettant en péril notre propre survie et celle de notre planète.

L’enjeu est le suivant : d’une relation saine à l’économie dépendent l’ordre du monde et le devenir de la planète. L’intendant Flavius incarne cet espoir. C’est le seul personnage constructif de cette pièce ; il bâtit sa maison avec l’or que Timon lui a donné. C’est un symbole fort : il montre que la vraie valeur de l’argent dépend de l’usage qu’on en fait.
                                                                                                                                            Cyril le Grix

EQUIPE

Timon d’Athènes
de William Shakespeare
traduction Jean-Claude Carrière (éditions Centre International de Création Théâtrale)
adaptation et mise en scène Cyril le Grix

avec
Patrick Catalifo Timon
Xavier Bazin Flavius, Soldat
Philippe Catoire L’Annoncier, le Vieil Homme, Lucullus, Soldat, Voleur, Sénateur
Thibaut Corrion Alcibiade
Thomas Dewynter Le Poète, Lucius, Soldat
René Hernandez 1er Sénateur, Soldat
Maud Imbert Le Peintre, Timandra, Sénateur
Jérôme Keen Apémantus, Sénateur
Alexandre Mousset Sempronius, Soldat, Voleur
Carole Schaal Caphis, Phrynia, Voleur

Et avec la participation artistique du studio d’Asnières - E.S.C.A.

Aksel Carrez Serviteur, Intendant de Varron, Soldat
Ghislain Declety Le Marchand, Sénateur, Soldat
Valentin Fruitier Ventidius, Sénateur, Soldat
Thomas Harel Le JoaiIllier, Sénateur, Soldat
Jeremy Hoffman-Karp Serviteur, Intendant d’Isidore, Soldat

Musiciens : Karim Touré percussions - Florent Hinschberger trompette
- Jon Lopez De Vicuna Saxophone ténor, baryton et flûte traversière.

collaboration artistique et chorégraphie Emilie Delbée —scénographie
Benjamin Gabrié —construction Rémi Cassan et Lelia Demoisy—lumière Carole
van Bellegem —costumes Cécile Box et Maguelone Jacquemont — composition
musicale et création sonore Julian Julien — ingénieur sonore Ivan Paulik —
régie générale Abdénor Mezlef