SNMS
Guy-Pierre Couleau - président du SNMS

 La dernière ligne droite ?                                     

        Nous avons peut-être enfin connu cette semaine les quelques éléments de réponse aux questions que tout un chacun se pose depuis des semaines. Le gouvernement vient d’annoncer les mesures renforcées destinées à freiner l’épidémie et réduire l’avancée, qui semble inexorable, des variants et de la contagion. En ce qui concerne le secteur culturel, voici ce que nous a communiqué le Président de la République lors de son allocution : "Dès la mi-mai, nous recommencerons à ouvrir avec des règles strictes certains lieux de culture. [...] Nous allons bâtir entre la mi-mai et le début de l'été un calendrier de réouverture progressive pour la culture". Tout ceci étant soumis, bien entendu, à la réussite des mesures qui viennent d’être mises en place... Après un mois d’occupations dans une centaine de théâtres, aucune réponse, aucune proposition du gouvernement. Silence absolu.

        Alors est-ce la dernière ligne droite avant la reprise des activités ? Est-ce la réouverture tant attendue et désormais en point de mire pour tout le pays ? Est-ce l’ultime coup de collier que nous devrons donner pour sortir de la crise sanitaire ? La vaccination fait maintenant la course avec le virus et la stratégie de l’Exécutif, consistant à jouer simultanément sur l’accélérateur et le frein, ressemble à une compétition de vitesse sur terrain glissant. Nous souhaitons unanimement que cette situation cesse. Et, bien sûr, nous avons une pensée pour tous ceux qui sont seuls et contraints de rester chez eux, sans sorties et sans visites, durant ce troisième confinement. Nous pensons à ceux qui soignent et ceux qui souffrent. Chacun de nous aujourd’hui peut songer à quelqu’un qui se trouve dans une situation difficile et nous sommes tous concernés par ce que notre pays, notre planète traversent. Cette crise aura donné de nouvelles perspectives à nos regards.

       Car si, dans un jour futur, l’on doit penser à notre époque, il faudra se souvenir de ça : le masque, la solidarité et les regards. Ceux que l’on croise dans la rue ou les transports en commun, regards d’inquiétude, de doute et de désarroi. Regards parfois désespérés devant tant de difficultés. Regards qui ne cherchent pas à communiquer, au milieu de cette période effrayante. Ces yeux qui ne disent plus exactement qui se cache derrière l’écran du masque. Nous penserons à tout cela. Et nous nous souviendrons du masque, fragile rempart érigé face à la maladie. Au théâtre, nous connaissons bien le masque, qui dissimule ou imite le visage. La plupart du temps, il a une fonction proche de la réjouissance, de la fête. Que l’on pense au carnaval et le masque y trône en majesté. Mais le masque d’aujourd’hui n’a rien à voir avec tout cela, bien au contraire : le masque sanitaire rend anonyme et nous prive du masque de théâtre. Le masque est une barrière entre les êtres, une frontière à ne pas dépasser entre les personnes. Il isole, sépare et cependant protège.
        Lorsque la crise sera terminée, parce qu’elle terminera un jour, garderons-nous cette habitude du port des masques ? Certains y verront un avantage, d’autres le vivront comme une privation de liberté. Mais nous souviendrons-nous de ces gestes de solidarité qu’il y eût entre nous ? Penserons-nous encore qu’il fût urgent d’inventer un monde d’après ? Nous dirons-nous simplement que l’entraide nous a honorés et que ce qui fait notre monde est notre construction ? De tout cela nous aurons le souvenir. Et de ceux qui ne seront plus là et qui nous manqueront. Alors, peut-être, continuerons-nous à faire du théâtre pour eux, nos disparus, pour ces rêves qui nous auront portés et pour ces illusions qui nous poussent à créer. Puisse demain venir rapidement, pour y voir clair et rouvrir enfin nos théâtres, retrouver les regards des spectateurs, entendre des mains qui applaudissent et des rires qui montent en cascade jusqu’à nos cœurs soulagés.

Guy-Pierre Couleau, président du SNMS

 La dernière ligne droite ?                                     

        Nous avons peut-être enfin connu cette semaine les quelques éléments de réponse aux questions que tout un chacun se pose depuis des semaines. Le gouvernement vient d’annoncer les mesures renforcées destinées à freiner l’épidémie et réduire l’avancée, qui semble inexorable, des variants et de la contagion. En ce qui concerne le secteur culturel, voici ce que nous a communiqué le Président de la République lors de son allocution : "Dès la mi-mai, nous recommencerons à ouvrir avec des règles strictes certains lieux de culture. [...] Nous allons bâtir entre la mi-mai et le début de l'été un calendrier de réouverture progressive pour la culture". Tout ceci étant soumis, bien entendu, à la réussite des mesures qui viennent d’être mises en place... Après un mois d’occupations dans une centaine de théâtres, aucune réponse, aucune proposition du gouvernement. Silence absolu.

        Alors est-ce la dernière ligne droite avant la reprise des activités ? Est-ce la réouverture tant attendue et désormais en point de mire pour tout le pays ? Est-ce l’ultime coup de collier que nous devrons donner pour sortir de la crise sanitaire ? La vaccination fait maintenant la course avec le virus et la stratégie de l’Exécutif, consistant à jouer simultanément sur l’accélérateur et le frein, ressemble à une compétition de vitesse sur terrain glissant. Nous souhaitons unanimement que cette situation cesse. Et, bien sûr, nous avons une pensée pour tous ceux qui sont seuls et contraints de rester chez eux, sans sorties et sans visites, durant ce troisième confinement. Nous pensons à ceux qui soignent et ceux qui souffrent. Chacun de nous aujourd’hui peut songer à quelqu’un qui se trouve dans une situation difficile et nous sommes tous concernés par ce que notre pays, notre planète traversent. Cette crise aura donné de nouvelles perspectives à nos regards.

       Car si, dans un jour futur, l’on doit penser à notre époque, il faudra se souvenir de ça : le masque, la solidarité et les regards. Ceux que l’on croise dans la rue ou les transports en commun, regards d’inquiétude, de doute et de désarroi. Regards parfois désespérés devant tant de difficultés. Regards qui ne cherchent pas à communiquer, au milieu de cette période effrayante. Ces yeux qui ne disent plus exactement qui se cache derrière l’écran du masque. Nous penserons à tout cela. Et nous nous souviendrons du masque, fragile rempart érigé face à la maladie. Au théâtre, nous connaissons bien le masque, qui dissimule ou imite le visage. La plupart du temps, il a une fonction proche de la réjouissance, de la fête. Que l’on pense au carnaval et le masque y trône en majesté. Mais le masque d’aujourd’hui n’a rien à voir avec tout cela, bien au contraire : le masque sanitaire rend anonyme et nous prive du masque de théâtre. Le masque est une barrière entre les êtres, une frontière à ne pas dépasser entre les personnes. Il isole, sépare et cependant protège.

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