SNMS
Armand Eloi - trésorier du SNMS
Qu’il semble loin déjà le temps où, retenus dans nos foyers par la pandémie, nous tentions de tracer des perspectives pour un futur plus souhaitable dans nos métiers !
Deux crises croisées traversent en ce moment notre société, et nos métiers qui en sont les miroirs : la crise sanitaire, que nous espérons limitée dans le temps, et la crise environnementale, qui nous oblige à repenser l’ensemble de nos activités au prisme de leur soutenabilité.
La crise sanitaire a mis en lumière le coût terrible de la précarité pour celles et ceux qui, stagiaires, intérimaires, autoentrepreneurs, étudiants pauvres, ont été mis brutalement en inactivité, et pour celles et ceux qui ont continué à travailler et à effectuer les tâches nécessaires à notre survie, comme le montre si bien le film de François Ruffin sur les oubliées des métiers du lien, Debout les femmes !.
Comment ce dysfonctionnement sociétal se traduit-il dans nos métiers ? 
Les petites structures de production paupérisées n’ont pas les moyens de l’excellence artistique, les distributions sont de moins en moins nombreuses, les spectacles de plus en plus courts, et un large pan du répertoire n’est plus jouable. C’est une économie en tension permanente, une course aux moyens, un temps artistique insuffisant. Les grandes institutions culturelles, elles, meurent lentement, leurs frais de fonctionnement atteignent souvent 80 % de leurs budgets, et les tutelles n’inventent rien de nouveau pour sortir de cet enkystement. 
Comme tant d’autres secteurs, et depuis longtemps, nous sommes donc dans l’hyper-concurrence, le moins-disant social, l’individualisme, le court-termisme, les flux tendus, sans parler du fort taux de travail dissimulé induit par le mauvais usage du régime de l’intermittence.
La crise environnementale, quant à elle, nous impose de revoir nos pratiques, pour une meilleure soutenabilité : recyclage des décors, limitation du nombre d’imprimés, et de la pollution induite par les déplacements des personnes et du matériel*. Ceci ne sera possible que si des équipes s’installent durablement sur des territoires, au plus près de publics, qui, si on n’y prend pas garde, finiront par délaisser durablement nos spectacles. C’est tout l’enjeu de la proposition 9 des « 15 propositions du SNMS pour le spectacle vivant » : créer des œuvres théâtrales en circuit court avec les territoires.
Dans cette proposition, le SNMS propose des conventions entre villes et metteurs en scène, sur le modèle des emplois territoriaux d’utilité publique ou via les compagnies indépendantes, avec des missions établies par conventions entre les parties, dans un esprit de proximité et de durabilité. 
Mais ce sont également les artistes interprètes auxquels il faut permettre de participer à cette nouvelle étape de la décentralisation, au travers d’emplois permanents qui les mettent provisoirement à l’abri d’une précarité qui n’est pas consubstantielle à nos métiers. Ces artistes auront à la fois la possibilité de travailler sur le temps long, de peaufiner leurs œuvres, mais aussi de faire le nécessaire travail d’action culturelle qui accompagne la création, sans que ces activités soient absurdement segmentées comme cela se voit trop souvent.
C’est l’objet de la proposition 11 du SNMS, qui propose de « penser une réelle permanence d’artistes dans les théâtres subventionnés par l’État et les collectivités locales qui le pourraient, sur de nouvelles bases, incluant l’idée de troupes d’artistes (metteurs en scène et comédiens) sur deux années, reconductibles par accord tacite entre les directions des théâtres et les artistes interprètes. »
Ainsi l’on voit que la double crise sanitaire et environnementale nous incite à revoir notre modèle social en diminuant fortement notre précarité, et en pratiquant un art durable et de proximité. De tous temps les créateurs ont su penser les mutations du monde, et parmi eux les metteurs en scène : ce n’est pas un hasard si le Théâtre Public a été théorisé par Jean Vilar au sortir de la seconde guerre mondiale. C’est le moment ou jamais de repenser nos métiers et d’inventer le monde d’après. Il sera peut-être meilleur.
*des associations se sont créées pour accompagner les artistes dans la transition écologique, parmi lesquelles Arviva ou Ikigai.
Qu’il semble loin déjà le temps où, retenus dans nos foyers par la pandémie, nous tentions de tracer des perspectives pour un futur plus souhaitable dans nos métiers ! Deux crises croisées traversent en ce moment notre société, et nos métiers qui en sont les miroirs : la crise sanitaire, que nous espérons limitée dans le temps, et la crise environnementale, qui nous oblige à repenser l’ensemble de nos activités au prisme de leur soutenabilité. La crise sanitaire a mis en lumière le coût terrible de la précarité pour celles et ceux qui, stagiaires, intérimaires, autoentrepreneurs, étudiants pauvres, ont été mis brutalement en inactivité, et pour celles et ceux qui ont continué à travailler et à effectuer les tâches nécessaires à notre survie, comme le montre si bien le film de François Ruffin sur les oubliées des métiers du lien, Debout les femmes !. Comment ce dysfonctionnement sociétal se traduit-il dans nos métiers ?  Les petites structures de production paupérisées n’ont pas les moyens de l’excellence artistique, les distributions sont de moins en moins nombreuses, les spectacles de plus en plus courts, et un large pan du répertoire n’est plus jouable. C’est une économie en tension permanente, une course aux moyens, un temps artistique insuffisant. Les grandes institutions culturelles, elles, meurent lentement, leurs frais de fonctionnement atteignent souvent 80 % de leurs budgets, et les tutelles n’inventent rien de nouveau pour sortir de cet enkystement.  Comme tant d’autres secteurs, et depuis longtemps, nous sommes donc dans l’hyper-concurrence, le moins-disant social, l’individualisme, le court-termisme, les flux tendus, sans parler du fort taux de travail dissimulé induit par le mauvais usage du régime de l’intermittence. La crise environnementale, quant à elle, nous impose de revoir nos pratiques, pour une meilleure soutenabilité : recyclage des décors, limitation du nombre d’imprimés, et de la pollution induite par les déplacements des personnes et du matériel*. Ceci ne sera possible que si des équipes s’installent durablement sur des territoires, au plus près de publics, qui, si on n’y prend pas garde, finiront par délaisser durablement nos spectacles. C’est tout l’enjeu de la proposition 9 des « 15 propositions du SNMS pour le spectacle vivant » : créer des œuvres théâtrales en circuit court avec les territoires. Dans cette proposition, le SNMS propose des conventions entre villes et metteurs en scène, sur le modèle des emplois territoriaux d’utilité publique ou via les compagnies indépendantes, avec des missions établies par conventions entre les parties, dans un esprit de proximité et de durabilité.  Mais ce sont également les artistes interprètes auxquels il faut permettre de participer à cette nouvelle étape de la décentralisation, au travers d’emplois permanents qui les mettent provisoirement à l’abri d’une précarité qui n’est pas consubstantielle à nos métiers. Ces artistes auront à la fois la possibilité de travailler sur le temps long, de peaufiner leurs œuvres, mais aussi de faire le nécessaire travail d’action culturelle qui accompagne la création, sans que ces activités soient absurdement segmentées comme cela se voit trop souvent. C’est l’objet de la proposition 11 du SNMS, qui propose de « penser une réelle permanence d’artistes dans les théâtres subventionnés par l’État et les collectivités locales qui le pourraient, sur de nouvelles bases, incluant l’idée de troupes d’artistes (metteurs en scène et comédiens) sur deux années, reconductibles par accord tacite entre les directions des théâtres et les artistes interprètes. » Ainsi l’on voit que la double crise sanitaire et environnementale nous incite à revoir notre modèle social en diminuant fortement notre précarité, et en pratiquant un art durable et de proximité. De tous temps les créateurs ont su penser les mutations du monde, et parmi eux les metteurs en scène : ce n’est pas un hasard si le Théâtre Public a été théorisé par Jean Vilar au sortir de la seconde guerre mondiale. C’est le moment ou jamais de repenser nos métiers et d’inventer le monde d’après. Il sera peut-être meilleur. Armand ELOI - Trésorier du SNMS *des associations se sont créées pour accompagner les artistes dans la transition écologique, parmi lesquelles Arviva ou Ikigai.
... continuer la lecture de l'édito réduire

Actus du SNMS

actu du 05/11/2021 
Questionnaire AAFA - Tunnel de la comédienne de 50 ans 
actu du 08/10/2021 
Violences sexuelles : déclaration du SNMS
actu du 22/09/2021 
Hommage à Philippe Adrien
actu du 26/07/2021 
Captation "Et maintenant, quel avenir pour les metteurs en scène ?"
actu du 28/06/2021 
Charles Tordjman délégué à la mise en scène SACD
actu du 05/05/2021 
Décès d'Oscar Castro
actu du 23/04/2021 
Article sur l'occupation de l'Odéon - Partenariat revue "Театр"
actu du 16/04/2021 
Formulaire Plan de Relance pour l'Emploi des Équipes Artistiques
actu du 26/03/2021 
Plan pour les auteurs : des premières mesures du ministère de la Culture encourageante
actu du 10/03/2021 
Soutien à la mobilisation
actu - Sara Veyron  
Camille, Camille, Camille
actu - Jean-Jacques Durand 
Sauve toi la vie t'appelle de Antonin Verhamme
actu - Jean-Jacques Durand 
Pensez, je devine ! nuit des musées
actu - Massimiliano Verardi 
"La Redemption d'Aaron"
actu - Valérie Castel Jordy 
Au coeur des cendres
actu - Fabio Marra 
Ensemble de Fabio Marra au Théâtre du Centaure de Luxembourg
actu - Fabio Marra 
Un pas après l'autre de Fabio Marra
actu - Fabio Marra 
Ensemble de Fabio Marra