SNMS
Guy-Pierre Couleau - président du SNMS

Des méduses et un radeau

L’ironie du sort est parfois cruelle. Non seulement nos professions artistiques sont à l’arrêt depuis de longues semaines maintenant mais encore le public est privé d’accès à une grande partie des lieux d’expression culturelle : théâtres, musées, cinémas, salles de spectacles sont fermés et nul ne sait aujourd’hui pour combien de temps encore. Face aux variations des variants, c’est le virus qui dicte l’incertitude et donne le tempo à l’ensemble de la planète. Couvre-feu, renforcés ou non, sont de mise un peu partout, dernière chance avant un nouveau confinement. Silence désormais total du côté de la ministre de la culture qui, après une valse-hésitation mémorable en novembre et décembre, renonce dorénavant à tout pronostic quant à la réouverture des salles. Tel est le paysage en ce début de février. Pourtant, quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre récemment que le 1er janvier, le ministère de la culture a créé une délégation visant à garantir l’accès de tous à la culture « dans le respect des droits culturels ». Citons quelques lignes de l’article de Michel Guerrin paru dans Le Monde le 29 janvier, sous le titre : « Les droits culturels, une pâte à modeler en vogue pour que les Français deviennent acteurs et pas seulement spectateurs »

« Mais, en creusant, on voit bien que le sujet (des droits culturels) s’apparente à une pâte à modeler. Qui prend des formes diverses. La plus évidente, pas la plus juste, serait de privilégier des créateurs locaux ou régionaux, en prise avec l’environnement des habitants. (...) Une autre piste est de réduire l’argent versé aux théâtres, opéras ou musées afin de mieux doter les associations locales et des événements en prise avec les habitants peu concernés, aller vers une culture « mieux partagée. Un point fait consensus : la population ne doit plus être simplement spectatrice mais actrice. Qu’elle participe aux choix stratégiques et artistiques des lieux de culture ».

Nous serions bien incapables de dire aujourd’hui à la lecture de ces lignes ce qu’il adviendra de ces chantiers lancés et plein naufrage de la culture, de nos économies et de nos modèles de société. Pourtant, il ne faut pas être devin pour comprendre que ce qui est promis dans ces mesures signifie en tout cas bel et bien une réduction des moyens et des ambitions de la démocratisation culturelle. Après la fermeture généralisée de nos outils de travail et la privation de notre liberté d’accès aux oeuvres culturelles, connaitrons-nous bientôt la tempête de la « création participative pour les droits culturels » ? En regardant le tableau de Géricault « Le radeau de la Méduse » je pense à nos métiers et aux professionnels qui les font vivre. Un océan démonté et une embarcation de fortune sur laquelle seuls quelques rescapés entassés tentent de survivre. Au loin, sur la ligne d’horizon, on aperçoit une voile. L’un des survivants agite désespérément un linge pour alerter le navire. Mais l’ambiguïté de la toile fait que nous ne pouvons pas savoir si le bateau avance vers le radeau et sauvera ainsi les naufragés d’une mort certaine, ou bien s’il s’éloigne davantage en les condamnant définitivement.

Des méduses et un radeau

L’ironie du sort est parfois cruelle. Non seulement nos professions artistiques sont à l’arrêt depuis de longues semaines maintenant mais encore le public est privé d’accès à une grande partie des lieux d’expression culturelle : théâtres, musées, cinémas, salles de spectacles sont fermés et nul ne sait aujourd’hui pour combien de temps encore. Face aux variations des variants, c’est le virus qui dicte l’incertitude et donne le tempo à l’ensemble de la planète. Couvre-feu, renforcés ou non, sont de mise un peu partout, dernière chance avant un nouveau confinement. Silence désormais total du côté de la ministre de la culture qui, après une valse-hésitation mémorable en novembre et décembre, renonce dorénavant à tout pronostic quant à la réouverture des salles. Tel est le paysage en ce début de février. Pourtant, quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre récemment que le 1er janvier, le ministère de la culture a créé une délégation visant à garantir l’accès de tous à la culture « dans le respect des droits culturels ». Citons quelques lignes de l’article de Michel Guerrin paru dans Le Monde le 29 janvier, sous le titre : « Les droits culturels, une pâte à modeler en vogue pour que les Français deviennent acteurs et pas seulement spectateurs »

« Mais, en creusant, on voit bien que le sujet (des droits culturels) s’apparente à une pâte à modeler. Qui prend des formes diverses. La plus évidente, pas la plus juste, serait de privilégier des créateurs locaux ou régionaux, en prise avec l’environnement des habitants. (...) Une autre piste est de réduire l’argent versé aux théâtres, opéras ou musées afin de mieux doter les associations locales et des événements en prise avec les habitants peu concernés, aller vers une culture « mieux partagée. Un point fait consensus : la population ne doit plus être simplement spectatrice mais actrice. Qu’elle participe aux choix stratégiques et artistiques des lieux de culture ».

Nous serions bien incapables de dire aujourd’hui à la lecture de ces lignes ce qu’il adviendra de ces chantiers lancés et plein naufrage de la culture, de nos économies et de nos modèles de société. Pourtant, il ne faut pas être devin pour comprendre que ce qui est promis dans ces mesures signifie en tout cas bel et bien une réduction des moyens et des ambitions de la démocratisation culturelle. Après la fermeture généralisée de nos outils de travail et la privation de notre liberté d’accès aux oeuvres culturelles, connaitrons-nous bientôt la tempête de la « création participative pour les droits culturels » ? En regardant le tableau de Géricault « Le radeau de la Méduse » je pense à nos métiers et aux professionnels qui les font vivre. Un océan démonté et une embarcation de fortune sur laquelle seuls quelques rescapés entassés tentent de survivre. Au loin, sur la ligne d’horizon, on aperçoit une voile. L’un des survivants agite désespérément un linge pour alerter le navire. Mais l’ambiguïté de la toile fait que nous ne pouvons pas savoir si le bateau avance vers le radeau et sauvera ainsi les naufragés d’une mort certaine, ou bien s’il s’éloigne davantage en les condamnant définitivement.

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