SNMS
Roland Timst - Administrateur du SNMS

« L’avenir du théâtre appartient à ceux qui n’y vont pas encore »
Pierre Debauche


Avons nous pleinement réalisé ce qui nous est arrivé ? La fermeture de toutes les salles de spectacles et de concert imposée en France pendant 14 mois nous a sidérée, au moins au tout début, comme toute la population. Cet événement, inédit, aura des répercussions non pas sur une saison mais sur plusieurs. De la même manière que des dizaines de films ne seront jamais programmés en salles, combien de spectacles ne verront jamais la scène ?

La majorité des festivals de musique d’après la SACEM n’auront pas lieu, la levée des restrictions de jauge en extérieur a été annoncée le 21 juin seulement…

Si les festivals de théâtre sont moins impactés, les derniers Etats généraux des festivals constatent que le public peine à renouer avec ses habitudes et à répondre présent. Le pass sanitaire est une contrainte qui rebute beaucoup, surtout les jeunes. J’étais à la Philharmonie début juin et la salle était vide...

Au moment où des études confirment (ce que nous étions nombreux à affirmer), à savoir que les salles de spectacles ne sont pas des lieux de contamination, la colère s’est ajoutée à l’angoisse des lendemains et les incertitudes pour réaliser ses projets .

Les saisons des théâtres seront « embouteillées » sur plusieurs années. Il faudrait augmenter sérieusement le nombre de dates de représentations dans tous les lieux ainsi que les moyens de production. Pour l’instant cela n’est pas le cas, même si certains ici et là font des efforts mais c’est à la marge.

D’ailleurs on peut légitimement se demander ce que font les scènes nationales et les CDN des dizaines de millions d’euros qu’ils n’ont pas dépensé en 20/21 ? Il serait judicieux et juste d’avoir un montant exact de ces sommes qui sont restées dans la trésorerie des institutions culturelles.

L’AFDAS annonce une très forte augmentation de reconversion des intermittents du spectacle cette année. La prolongation de l’ « année blanche » de quatre mois est un répit mais ne résout rien.

Compte tenu de la situation (encombrement des saisons,spectacles et festivals annulés…) c’est sur une plus longue période que cette prolongation doit être faite. Mais avant tout nos collègues veulent travailler ! Avant 2020 nous constations une baisse du prix de cession des spectacles et cette tendance s’accroit considérablement. Cette baisse a des conséquences sociales et économiques graves mais aussi artistiques ! Les scénographies et les budgets costumes sont réduits, les maquilleuses et maquilleurs disparaissent, le nombre d’artistes au plateau est faible… Les formes et les contenus des spectacles sont fortement influencés par ces baisses de budget de production. Nous devons y réfléchir.

Comme l’a dit une metteuse en scène membre du SNMS « ce ne sont pas les professionnels qui doivent se reconvertir mais les institutions culturelles ! »

Il faut donc révolutionner nos modes de fonctionnement, ce qui implique une refonte totale de la gouvernance des institutions culturelles, des moyens alloués aux compagnies et bien sur une augmentation des budgets. Tout doit remis sur la table et en toute transparence.

Les artistes doivent reprendre leur place dans les institutions culturelles, la « communication et l’ingénierie culturelle » doivent être au service de notre Art et pas l’inverse !

Certains font comme si la « vie reprenait son cours » mais cela est impossible. Dans les autres secteurs on constate beaucoup de suppressions d’emploi, de remise en cause du temps de travail, des congés, des baisses de salaires (aéroport de Paris) et ce n’est qu’un début !

N’oublions pas Vilar : « Il s'agit donc de faire une société, après quoi nous ferons peut -être du bon théâtre.»

Nous le savions avant mars 2020, l’utopie de la décentralisation et du Théâtre Populaire reste à accomplir. Et ce constat est encore plus criant en 2021.

Cela passe par une remise en cause totale des conditions d’exercice du théâtre en France.

Nul doute que nous en débattrons le 13 juillet à 10h au Cloitre Saint Louis à Avignon lors du colloque organisé par le SNMS : « Et maintenant quel avenir pour les metteurs en scène ? ».

Pierre Debauche avait raison « L’avenir du théâtre appartient à ceux qui n’y vont pas encore » et en ayant à l’esprit cette maxime nous trouverons collectivement les moyens de repenser notre métier.


« L’avenir du théâtre appartient à ceux qui n’y vont pas encore »
Pierre Debauche


Avons nous pleinement réalisé ce qui nous est arrivé ? La fermeture de toutes les salles de spectacles et de concert imposée en France pendant 14 mois nous a sidérée, au moins au tout début, comme toute la population. Cet événement, inédit, aura des répercussions non pas sur une saison mais sur plusieurs. De la même manière que des dizaines de films ne seront jamais programmés en salles, combien de spectacles ne verront jamais la scène ?

La majorité des festivals de musique d’après la SACEM n’auront pas lieu, la levée des restrictions de jauge en extérieur a été annoncée le 21 juin seulement…

Si les festivals de théâtre sont moins impactés, les derniers Etats généraux des festivals constatent que le public peine à renouer avec ses habitudes et à répondre présent. Le pass sanitaire est une contrainte qui rebute beaucoup, surtout les jeunes. J’étais à la Philharmonie début juin et la salle était vide...

Au moment où des études confirment (ce que nous étions nombreux à affirmer), à savoir que les salles de spectacles ne sont pas des lieux de contamination, la colère s’est ajoutée à l’angoisse des lendemains et les incertitudes pour réaliser ses projets .

Les saisons des théâtres seront « embouteillées » sur plusieurs années. Il faudrait augmenter sérieusement le nombre de dates de représentations dans tous les lieux ainsi que les moyens de production. Pour l’instant cela n’est pas le cas, même si certains ici et là font des efforts mais c’est à la marge.

D’ailleurs on peut légitimement se demander ce que font les scènes nationales et les CDN des dizaines de millions d’euros qu’ils n’ont pas dépensé en 20/21 ? Il serait judicieux et juste d’avoir un montant exact de ces sommes qui sont restées dans la trésorerie des institutions culturelles.

L’AFDAS annonce une très forte augmentation de reconversion des intermittents du spectacle cette année. La prolongation de l’ « année blanche » de quatre mois est un répit mais ne résout rien.

Compte tenu de la situation (encombrement des saisons,spectacles et festivals annulés…) c’est sur une plus longue période que cette prolongation doit être faite. Mais avant tout nos collègues veulent travailler ! Avant 2020 nous constations une baisse du prix de cession des spectacles et cette tendance s’accroit considérablement. Cette baisse a des conséquences sociales et économiques graves mais aussi artistiques ! Les scénographies et les budgets costumes sont réduits, les maquilleuses et maquilleurs disparaissent, le nombre d’artistes au plateau est faible… Les formes et les contenus des spectacles sont fortement influencés par ces baisses de budget de production. Nous devons y réfléchir.

Comme l’a dit une metteuse en scène membre du SNMS « ce ne sont pas les professionnels qui doivent se reconvertir mais les institutions culturelles ! »

Il faut donc révolutionner nos modes de fonctionnement, ce qui implique une refonte totale de la gouvernance des institutions culturelles, des moyens alloués aux compagnies et bien sur une augmentation des budgets. Tout doit remis sur la table et en toute transparence.

Les artistes doivent reprendre leur place dans les institutions culturelles, la « communication et l’ingénierie culturelle » doivent être au service de notre Art et pas l’inverse !

Certains font comme si la « vie reprenait son cours » mais cela est impossible. Dans les autres secteurs on constate beaucoup de suppressions d’emploi, de remise en cause du temps de travail, des congés, des baisses de salaires (aéroport de Paris) et ce n’est qu’un début !

N’oublions pas Vilar : « Il s'agit donc de faire une société, après quoi nous ferons peut -être du bon théâtre.»

Nous le savions avant mars 2020, l’utopie de la décentralisation et du Théâtre Populaire reste à accomplir. Et ce constat est encore plus criant en 2021.

Cela passe par une remise en cause totale des conditions d’exercice du théâtre en France.

Nul doute que nous en débattrons le 13 juillet à 10h au Cloitre Saint Louis à Avignon lors du colloque organisé par le SNMS : « Et maintenant quel avenir pour les metteurs en scène ? ».

Pierre Debauche avait raison « L’avenir du théâtre appartient à ceux qui n’y vont pas encore » et en ayant à l’esprit cette maxime nous trouverons collectivement les moyens de repenser notre métier.


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