SNMS
Guy-Pierre Couleau - administrateur du SNMS

 

Oubli ou omission ?


Voici donc l’heure des manœuvres électorales en tous sens et des arrangements entre soi. Voici que vient le temps des négociations, des compromis et des remboursements de frais de campagnes. Voici que nos responsables politiques pactisent pour se faire élire et trouver une représentation. Voici qu’ils s’accordent enfin à dire que l’union est nécessaire. Et voici par conséquent le moment où nous devrions redoubler de vigilance face à ce qui nous attend pour les mois à venir.
Car depuis ces quelques mois de campagne électorale, nous n’aurons que très peu entendu parler de Culture. Nous n’aurons pu que constater - une fois encore, allais-je écrire – le vide et l’absence de propositions concrètes en ce qui concerne une véritable politique culturelle ambitieuse, audacieuse, innovante. Et ceci dans l’ensemble des projets portés par les différents candidats à la présidence de la République.

Alors que faudrait-il en conclure ? Que devrions-nous croire de cet oubli ou de cette omission ? S’il s’agissait d’un oubli, n'y aurait-il donc parmi nos postulants à la fonction suprême, plus aucun souvenir de ce que furent les récentes années de la culture en France ? Peut-être assistons-nous plus exactement à une omission de leur part en matière de projet culturel, puisque depuis plusieurs années maintenant, force est de constater que notre ministère de tutelle voit régulièrement sa légitimité remise en cause, à droite comme à gauche, au gré des changements de gouvernements, comme au fil des revers et victoires électoraux de tous bords. Dans un récent entretien, Bernard Faivre D’Arcier disait, à propos du ministère de la culture, que « dans ces dernières années, les actions à long terme n’ont pas pu être conduites, ou que le poste a été occupé par des gens qui prenaient leur mission trop à la légère ou qui y faisaient des passages très brefs. ». Reste donc à souhaiter que le contraire puisse avoir lieu et que nous retrouvions, pour les années à venir, une longévité des actions du ministère et du ou de la ministre en charge de conduire une politique culturelle forte. Mais il n’est point nécessaire de croire que l’Etat peut tout, non. Il est simplement juste d’espérer que nos aspirations, nos propositions et notre expertise des rapports aux publics pourront être entendues et écoutées pour ce qu’elles peuvent avoir d’utile à notre futur commun. Car l’enjeu de la culture ne réside-t-il pas dans cette mise en commun, dans cette image de ce que nous sommes, miroir tendu à nous-mêmes, par toute création artistique ? Nous n’avons certes pas la prétention de vouloir changer la face du monde par nos spectacles mais nous souhaitons seulement contribuer à lui donner un peu de lumière en ces temps sombres.

Il y a un an, dans ces mêmes colonnes, je posais ces questions : « Lorsque la crise sera terminée (...) nous souviendrons-nous de ces gestes de solidarité qu’il y eût entre nous ? Penserons-nous encore qu’il fût urgent d’inventer un monde d’après ? Nous dirons-nous simplement que l’entraide nous a honorés et que ce qui fait notre monde est notre construction ? De tout cela nous aurons le souvenir. Et de ceux qui ne seront plus là et qui nous manqueront. Alors, peut-être, continuerons-nous à faire du théâtre pour eux, nos disparus, pour ces rêves qui nous auront portés. »

Et voici que disparait aujourd’hui Michel Vinaver, emportant avec lui son regard sur notre époque et son humanité. Restent ses pièces et ses témoignages, qu’il me semble urgent de relire. Et puis son espoir que « l’émotion ouvre un champ neuf qui permette de détecter toute espèce de pièges que l’on rencontre, lorsqu’on se donne pour but de travailler par le théâtre à une libération de l’homme qui ne soit pas un simulacre. »

Guy-Pierre Couleau, administrateur du SNMS.


 

Oubli ou omission ?


Voici donc l’heure des manœuvres électorales en tous sens et des arrangements entre soi. Voici que vient le temps des négociations, des compromis et des remboursements de frais de campagnes. Voici que nos responsables politiques pactisent pour se faire élire et trouver une représentation. Voici qu’ils s’accordent enfin à dire que l’union est nécessaire. Et voici par conséquent le moment où nous devrions redoubler de vigilance face à ce qui nous attend pour les mois à venir.
Car depuis ces quelques mois de campagne électorale, nous n’aurons que très peu entendu parler de Culture. Nous n’aurons pu que constater - une fois encore, allais-je écrire – le vide et l’absence de propositions concrètes en ce qui concerne une véritable politique culturelle ambitieuse, audacieuse, innovante. Et ceci dans l’ensemble des projets portés par les différents candidats à la présidence de la République.

Alors que faudrait-il en conclure ? Que devrions-nous croire de cet oubli ou de cette omission ? S’il s’agissait d’un oubli, n'y aurait-il donc parmi nos postulants à la fonction suprême, plus aucun souvenir de ce que furent les récentes années de la culture en France ? Peut-être assistons-nous plus exactement à une omission de leur part en matière de projet culturel, puisque depuis plusieurs années maintenant, force est de constater que notre ministère de tutelle voit régulièrement sa légitimité remise en cause, à droite comme à gauche, au gré des changements de gouvernements, comme au fil des revers et victoires électoraux de tous bords. Dans un récent entretien, Bernard Faivre D’Arcier disait, à propos du ministère de la culture, que « dans ces dernières années, les actions à long terme n’ont pas pu être conduites, ou que le poste a été occupé par des gens qui prenaient leur mission trop à la légère ou qui y faisaient des passages très brefs. ». Reste donc à souhaiter que le contraire puisse avoir lieu et que nous retrouvions, pour les années à venir, une longévité des actions du ministère et du ou de la ministre en charge de conduire une politique culturelle forte. Mais il n’est point nécessaire de croire que l’Etat peut tout, non. Il est simplement juste d’espérer que nos aspirations, nos propositions et notre expertise des rapports aux publics pourront être entendues et écoutées pour ce qu’elles peuvent avoir d’utile à notre futur commun. Car l’enjeu de la culture ne réside-t-il pas dans cette mise en commun, dans cette image de ce que nous sommes, miroir tendu à nous-mêmes, par toute création artistique ? Nous n’avons certes pas la prétention de vouloir changer la face du monde par nos spectacles mais nous souhaitons seulement contribuer à lui donner un peu de lumière en ces temps sombres.
... continuer la lecture de l'édito réduire

Actus du SNMS

actu du 15/04/2022 
Atelier labo Lyon - SNMS et Chorégraphes Associé.e.s
actu du 06/04/2022 
Hommage à Jacques Rosner
actu du 08/03/2022 
7 propositions pour le spectacle vivant
actu du 28/02/2022 
Communiqué Ukraine
actu du 28/01/2022 
Lancement du site #Cultureendanger
actu du 15/12/2021 
Cyril le Grix - Nouveau Président du SNMS
actu du 15/12/2021 
Assemblée Générale 2021
actu du 05/11/2021 
Questionnaire AAFA - Tunnel de la comédienne de 50 ans 
actu du 08/10/2021 
Violences sexuelles : déclaration du SNMS
actu du 22/09/2021 
Hommage à Philippe Adrien
actu - Thierry Atlan 
Vaudeville !
actu - Violaine Arsac  
"Bien au-dessus du silence"
actu - Violaine Arsac  
"La Dernière lettre"
actu - Julien Daillère 
Je t'aime effondrement
actu - Jules Lecointe 
Les Mains Sales
actu - Aurore Evain 
Mary Sidney, alias Shakespeare
actu - Anne Coutureau 
ANDROMAQUE
actu - Thierry Atlan 
Rosa Bonheur, un messie sauvage