SNMS

Le grand Livre
236 pages • Dernière publication le 26/04/2021

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HISTORIQUE & ARCHIVES / Les archives du SNMS (communiqués, comptes-rendus, photos...) / Page 188 • Publiée le 26/04/2021

Un hommage à Jean Claude Carrière de la part de Cyril le Grix, premier vice-président du SNMS



Cher Jean-Claude,

Toi qui aimais tant l’art de la conversation, c’est sous cette forme directe et spontanée, que Montaigne définissait comme « le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit », que nous souhaitons te rendre hommage. Parce que malgré ton départ, nous nous sentons accompagnés de ta bienveillante présence, riches que nous sommes de l’œuvre que tu nous laisses en héritage.
Homme aux multiples talents d’écriture (écrivain, scénariste, dramaturge, traducteur et poète) mais aussi dessinateur, inlassable épicurien, gourmand de la vie et de ses plaisirs, tu gardais de ta formation d’historien cette formidable faculté de regarder le monde avec acuité, honnêtement, sans jugement personnel, permettant ainsi à nos contemporains de décrypter les errements de l’humanité, les évolutions de nos sociétés et les risques qui nous menacent.
Parallèlement, ton sens de l’humour était un antidote précieux aux maux et fléaux qui nous affligent au quotidien : une journée, une conversation ou une séance de travail sans rire était pour toi un moment de perdu.
Mais ce qui te caractérisait par-dessus tout, c’était ton goût pour l’imaginaire, c’est-à-dire la fiction, le conte, le mythe. C’était pour toi « une manière formidable de connaître un peuple ». Raconter les grandes épopées de l’humanité pour mieux éclairer notre présent, plonger dans les temps immémoriaux en quête de sens, voyager dans l’infiniment grand mais aussi l’infiniment petit pour s’interroger sur notre place au sein de ce si vaste univers et sur les connexions qui nous unissent, ta curiosité humaniste ne connaissait aucune limite et l’alchimie d’un vin te passionnait tout autant que l’alchimie des rapports humains.
Sans oublier le temps du silence et de l’observation, qui était pour toi comme une méditation ouverte sur le cœur spirituel du monde.
« La mort est comme un tigre caché dans les herbes » dit Le Mahâbhârata, ce long poème épique hindou long de 250 000 vers que tu as traduit et adapté pour la scène. Le tigre a surgi dans ton sommeil, certainement au milieu d’un rêve, toi qui disais que « le rêve est la vraie victoire sur le temps ».
Aujourd’hui, malgré notre immense tristesse, je pense à cette phrase de Rûmi, ce mystique persan que tu appréciais particulièrement : « Ne vous affligez pas. Tout ce que vous perdez revient sous une autre forme ». Ce n’est donc pas un adieu, cher Jean-Claude, mais un aurevoir.


Mots clés :

Carrière Jean-Claude

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